2- La transgénèse

Si une exoplanète se révèle hostile à l'homme en raison de conditions de vie trop extrêmes, outre modifier son environnement pour l'adapter à l'organisme humain, une seconde solution pourrait permettre d'y vivre : modifier l'organisme humain pour l'adapter au milieu en question. Un des procédé les plus connus et les mieux maîtrisés dans le domaine de la manipulation génétique est la transgénèse. Toutefois, comment pourrait-elle permettre à un homme de supporter des conditions qui lui sont d'ordinaires hostiles, et quelles en sont les limites ?

Qu'est-ce que la transgénèse ?

La transgénèse consiste à prélever, chez un être vivant, un gène codant pour un caractère bien particulier : c'est le transgène. Le transgène sera ensuite introduit dans la cellule oeuf (appelée cellule transgénique) d'un autre être vivant qui développera par la suite le caractère en question.

En quoi consiste la transgénèse ?

La transgénèse, afin d'être réussie, nécessite plusieurs étapes indispensables :

- rechercher un caractère intéressant chez un organisme vivant

- repérer la protéine responsable de ce caractère

- identifier le futur transgène (ou gène d’intérêt) qui code pour cette protéine

- isoler et extraire le transgène et/ou en reproduire la séquence de nucléotides (à l’aide de la PCR = Polymerase Chain Reaction) si nécessaire

- modifier le transgène pour orienter et limiter son expression à une partie de l’organisme ou à un stade de son développement

- introduire le transgène dans le noyau cellulaire de la (des) cellule(s) receveuse(s)

- contrôler l’efficacité de l’expression du transgène (transcription de l'ADN, maturation de l'ARNpré-messager, traduction de l'ARNmessager)

- sélectionner les cellules exprimant le gène ajouté

Un exemple de transgénèse

Schéma de l'application médicale de la transgénèse dans le cas de l'insulineUn exemple bien connu d'application de la transgénèse concerne le domaine de la médecine. Il s'agit du gène de l'insuline, localisé sur la paire de chromosomes n°11 chez les humains. Ce gène est prélevé dans une cellule humaine, puis inséré dans des bactéries qui produiront ensuite de l'insuline. Cette insuline, dont le rôle consiste à réguler le taux de glucose dans le sang, sera ensuite recoltée et utilisée comme traitement pour le diabète.

En quoi la transgénèse peut-elle permettre de vivre sur une exoplanète dont les conditions sont hostiles à l'homme ?

Précedemment, nous avons vu que les planètes Gliese 581 c, g et d, bien que situées dans la zone habitable de leur étoile, présentent, en l'état actuel de nos connaissances des conditions trop extrêmes pour permettre le vie d'un homme. Nous avons également vu qu'il existe certains organismes extrêmophiles, sur Terre, capables de supporter de telles conditions. Une théorie avancée par certains scientifiques consisterait à identifier et prélever chez ces organismes extêmophiles les gènes codant pour les caractères qui leur permettent de résister à des conditions extrêmes. Ces gènes pouront être ensuite introduits dans une cellule oeuf humaine qui, 9 mois plus tard, donnera un "humain transgénique" possédant des caractères qui le rendront résistant aux conditions hostiles à un homme normal.

Photo d'un deinococcus radiodurans obresrvé au microscopeDans le cas d'une planète sans protection telle que notre couche d'ozone et donc exposée aux radiations, le(s) gène(s) permettant à certains organismes radiorésistants, tels que le deinoccocus radidurans, de résister aux UV pourrait permettre à un homme de supporter des doses de radiations bien supérieures à celles que peut supporter un humain "classique", grâce à un mécanisme capable de rassembler les fragments d'ADN.

 

 

Photo d'un methanococcoides burtonii observé au microscopeDans le cas d'une planète dont les températures de surface sont très faibles (inférieures à 0°C), le(s) gènes(s) permettant à certains organismes psychrotolérants, tels que le methanococcoides burtonii, capable de survire à des températures de l'ordre de -20°C, pourraient permettre à un homme de supporter le froid grâce à certaines protéines antigel.

 

Photo d'un staphylothermus marinus observé au microscopeDans le cas d'une planète dont les températures de surface sont très élevées, le(s) gène(s) permettant à certains organismes thermophiles ou hyperthermophiles, tels que le staphylothermus marinus capable de survivre à des températures avoisinant les 98°C, pourrait permettre à un homme de supporter de fortes températures grâce au compactage de ses protéines.

 

Photo d'un methanosarcina rumen observé au microscopeDans le cas d'une planète dont l'atmosphère est dépourvue de dioxygène, le(s) gène(s) permettant au methanosarcina rumen de survivre en milieu anoxique pourrait permettre à un humain de respirer sans dioxygène.

 

Photo d'une bacilius subtilis observée au microscopeDans le cas d'une planète dépourvue d'atmosphère, le(s) gène(s) permettant à la bacillus subtilis de survivre dans le vide pourrait permettre à un homme de survivre sans atmosphère, grâce à la production de petits vésicules dans lesquels l'ADN est compacté.

 

 

 

Photo d'une souche bactérienne MT 41Dans le cas d'une planète dont la pression atmosphérique est très élevée, le(s) gène(s) permettant à certains organismes piezophiles, tels que la bactérie MT 41 capable de vivre à une pression de 1100 atm, pourrait permettre à un humain de supporter de fortes pressions.

 

Photo d'un kineococcus radiotoleransDans le cas d'une planète dépourvue d'eau, le(s) gène(s) permettant à certains organismes xérophiles, tels que le kineococcus radiotolerans, de survivre à la dessication pourrait permettre à un humain de vivre sans, ou avec peu d'eau.

 

 

Les limites de la trangénèse

Les organismes exrêmophiles en question sont majortairement unicellulaires, leur métabolisme est par conséquent assez simple. En revanche, un humain est constitué d'un nombre incalculable de cellules divisées en plusieurs catégories, chacune ayant sa propre fonction. Modifier le génôme humain par la transgénèse s'avère donc plus complexe qu'il n'y paraît. En effet, par exemple, dans le cas du transgène codant protéines compactées, il faudrait, pour obtenir ce caractère, modifier tous les gènes codant pour des protéines de telle sorte que toutes les protéines soient compactées.

De plus, le résultat d'une transgénèse sur un organisme aussi complexe que celui d'un humain suppose des résultats assez aléatoires. Hormis le caractère recherché, d'autres modifications peuvent se produire. On ne peut également pas prévoir si l'organisme résultant de ces expériences conservera des caractéristiques humaines.

Enfin, les manipulations génétiques sur les humains posent un problème d'éthique. C'est d'ailleurs pour cela qu'elles sont interdites par la loi.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×